Le réemploi des emballages vit des jours difficiles. Six mois après le placement en redressement judiciaire de son collègue Hipli et un mois seulement après l’arrêt des activités du laveur de bouteilles Uzaje, c’est au tour du pionnier du réemploi des emballages pour le e-commerce, RePack, d’annoncer la fin de ses activités. Fondée en 2011, l’entreprise finlandaise s’était lancée sur le marché deux ans après, avec l’idée de remplacer les emballages à usage unique utilisés dans le e-commerce, essentiellement des cartons, par des pochettes réutilisables en plastique recyclé.
Economie circulaire
Le principe ? Mettre à la disposition des marques ces pochettes afin qu’elles les utilisent pour expédier leurs produits. Les clients finaux voulant adhérer au dispositif devaient cocher une case lors de leur parcours d’achat et renvoyer ensuite les emballages à RePack, par la poste, afin que celui-ci vérifie leur état et les réinjecte dans le circuit.
Son crédo : passer de l’économie linéaire à l’économie circulaire! La société avait mis quelques temps avant de se développer et, comme Hipli, elle avait ensuite connu ses heures de gloire en réussissant à convaincre plusieurs dizaines de marques, essentiellement dans le textile et l’habillement parmi lesquelles Zalando, H&M et Inditex mais aussi le géant du e-commerce Amazon qui l’avait admise à son accélérateur de start-up. Mais son modèle de développement a finalement eu du mal à atteindre les volumes nécessaires pour être rentable et, suite aux premières difficultés, en 2024, l’entreprise était rachetée par l’israélien Oceansix. Deux ans après, et malgré de bonnes options de relance, l’entreprise est obligée de mettre la clé sous la porte.
Lobbies
Dans un long post au vitriol sur Linkedin, son fondateur Jonne Hellgren - que nous avions interviewé au moment du rachat par Oceansix -, dénonce, comme d’autres avant lui, le fait que la réglementation n’a pas su accompagner à sa juste mesure le réemploi comme pourtant elle se le promettait de le faire. «Lorsque le PPWR, le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages, a commencé à prendre forme, les objectifs étaient véritablement ambitieux» indique-t-il dans ce post. «L’Europe expédie environ 10 milliards de colis chaque année. La proposition initiale aurait exigé que 40 % des emballages du commerce électronique soient réutilisables d’ici 2030. On dit que le PPWR est la réglementation la plus influencée par le lobbying au monde. De tous les temps. Et le lobbying a fonctionné» conclut-il amèrement.








